Le “Mom Guilt”

   D’ici un peu moins de 2 mois on célèbrera la première année de Logan ! Difficile de réaliser que cela fait bientôt 12 mois que je suis maman, 12 mois que ma vie a complètement changée. Ce fut une année riche en évènements, en apprentissage, en joie, en rire, mais aussi en stress, en tristesse, en doute et en incompréhension. Quand je regarde en arrière, je suis fière d’avoir changé et appris pendant ces 12 derniers mois. Et il y a une chose en particulier que j’aimerais partager. Pas parce que je pense être la meilleure pour en parler, ou parce que j’ai tout compris du concept, mais parce que je veux pouvoir me souvenir que je l’ai compris (en tout cas pour moi-même) et que je ne me laisserais plus avoir.

Le MOM GUILT (ou dad guilt), concept encore (mais bientôt plus, c’est promis !) étranger à tous ceux n’ayant pas encore expérimenté la maternité (ou paternité), mais pourtant bien présent dans nos vies de tous les jours. J’ai été touché par vos nombreux retours suite à mon article I am enough. Je savais que je n’étais sûrement pas la seule à ressentir cela, mais je ne m’attendais pas à une telle retombée. Et c’est entre autre pour cela que j’ai eu envie de vous écrire ce petit billet.

En seulement une année, j’ai amassé assez de conseils, de commentaires et de remarques sur l’éducation de mon fils pour écrire une saga de livres intitulée “Les conseils et astuces pour que Logan Brunet devienne le plus rapidement possible un enfant parfait”. Tome 1 à 5 sont en cours d’impression. Et je dois reconnaître que beaucoup de ces conseils donnés avec bienveillance m’ont aidé à m’épanouir dans mon rôle de mère, mais j’aimerais m’adresser plus particulièrement aux conseils, commentaires et remarques qui, malgré ce que leurs interlocuteurs pensent, n’ont pas été bienveillants.

Je pars du principe suivant : l’instinct maternel (et paternel) est donné à chacun des parents sur cette Terre. Mais c’est nous, personnellement, qui choisissons de le suivre ou pas. Attention, instinct ne signifie pas perfection. Il s’améliore et peut se perfectionner avec le temps et l’expérience certes, mais il n’est pas parfait. Nous sommes tous différents, nous avons des envies, des préférences, des personnalités, des goûts différents. Il suffit de mettre deux bébés couchés l’un à côté de l’autre pour voir qu’ils sont différents. (C’est d’ailleurs pour cela que j’ai du mal à comprendre comment et pourquoi on donne exactement les mêmes conseils alimentaires à plusieurs bébés, du même âge, mais de corpulence et de niveau d’éveil différents, c’est mon côté nutritionniste qui ressort 😉 )

Dans un discours que j’aime beaucoup, Elder Jeffrey R. Holland raconte l’histoire qui suit : “Récemment une jeune mère m’a écrit qu’elle s’angoissait à trois sujets. Premièrement, chaque fois qu’elle entendait des discours sur la maternité dans l’Eglise, elle se faisait du souci parce qu’elle avait l’impression de ne pas être à la hauteur ou, d’une façon ou d’une autre, d’aller vers un échec. Deuxièmement, elle avait l’impression que le monde attendait d’elle qu’elle apprenne à ses enfants la lecture, l’écriture, ainsi que la décoration intérieure, le latin, le calcul infinitésimal et l’Internet, tout cela avant que le bébé ait tout bonnement dit «mam mam». Troisièmement, elle avait souvent l’impression que les gens la traitaient avec condescendance, quoique presque jamais avec l’intention de le faire. En effet, les conseils ou même les compliments qu’elle recevait semblaient ne pas tenir compte de ses efforts mentaux, spirituels et émotionnels, des impératifs qui font appel à toute l’énergie au long des nuits et des journées et qui sont parfois requis quand on essaie d’être, et qu’on veut être la mère que Dieu espère qu’on sera.” Ce discours est rempli de sagesse et m’aide énormément les jours où je me sens découragée, je ne peux que vous le conseiller.

Je pense sincèrement, que la perte de confiance en soi et l’écoute (ou la lecture) de trop de commentaires, de remarques et de conseils, peut nous faire perdre peu à peu notre instinct maternel. Et je ne veux surtout pas que cela résonne comme une pensée orgueilleuse, mais avoir confiance en soi est une bonne chose. Je suis loin d’avoir une connaissance parfaite des choses, et d’être THE mère exemplaire (demandez à mon fils.. Haha), mais je sais que j’ai les capacités de l’aimer et de l’élever, selon ses besoins à lui. J’apprend en même temps que lui, je fais des erreurs, je me trompe, mais je rectifie, je change et je m’adapte à ses besoins, et c’est là toute la beauté de la maternité.

Cododo, pas cododo, dme, pas dme, petits pots, pas petits pots, dormir sur le dos, le ventre, le côté, des jouets en bois ou en plastique, porte bébé, écharpe ou poussette, écran, pas écran, doliprane ou homéopathie, allaitement ou lait en poudre, couches pampers ou lillydoo, tenir les bras pour aider à marcher ou pas, nounou ou pas nounou, semelle souple ou dur,  etc etc.. Faites ce que vous ressentez être le mieux pour vous et pour votre bébé. Et j’insiste sur le vous. Il ne faut pas vous oublier, il faut que vous y trouviez vous aussi de la joie et de la satisfaction. Et si il faut changer et se ré-adapter et bien changez et ré-adaptez vous. Tout est dans l’écoute et l’observation. Je ne pense pas que tous les secrets de la maternité seront découverts un jour, c’est un apprentissage constant. Faites vous confiance, demandez de l’aide quand vous en avez besoin, et soyez heureuse.

Pendant cette première année avec mon fils, j’ai ressenti un amour que je n’avais jamais ressenti avant. Malgré mes erreurs et mes faiblesses, je ressentais l’amour que Logan avait pour moi, sa maman imparfaite. Je suis entourée de femmes formidables, qui me montrent chaque jour un exemple incroyable et grâce à elles je choisis ce que j’aimerais reproduire dans mon propre foyer.

J’ai été attristé de constater que le mom guilt, cette culpabilité, est trop souvent créer par les mamans elles-mêmes, et surtout entre elles. Nous nous jugeons déjà suffisamment nous-même, quel intérêt à juger d’autres mamans ?

Honnêtement lors de la première écriture de ce billet, je ne connaissais pas vraiment son objectif. J’ai passé plusieurs jours à me demander ce que j’aurais aimé que l’on me dise pendant ces 12 premiers mois dans mon nouveau rôle de maman, et voilà ce que j’aurais aimé entendre :

Ne te préoccupe pas de l’avis des autres, tu as les capacités d’élever ton enfant. Fais un tri intelligent des conseils, des remarques et commentaires que tu entends ou lis. Nous sommes tous différents, ce qui fonctionne pour l’enfant d’une autre maman ne pourrait peut être pas fonctionné pour le tien, et ce n’est pas grave. Cela ne signifie pas que tu es moins bien que l’autre maman. Prends le temps d’observer ton enfant, il a des capacités extraordinaires. Fais lui confiance et montre lui que tu es fière de lui. Personne n’est parfait, tu as le droit d’avoir des faiblesses, d’être fatiguée et d’en avoir marre. Personne sur cette Terre n’est mieux placé pour connaitre un enfant mis à part sa maman et son papa, alors faites vous confiance.

Pas de flagellation personnelle ou de flagellation d’autrui ok ? 😉 On fait tous de notre mieux.

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